Dérivations 11 — Villes sous extraction
Collectif
Dérivations
20,00€
Le numéro 11 de la revue Dérivations est dédié aux rapports qu’entretiennent les espaces de vie avec l’extraction, et plus particulièrement avec l’extraction minière et celle des énergies fossiles. Les abondances disponibles en surface dépendent en partie de la mise au travail de ces « hectares fantômes » qui se déploient dans le sous-sol et dont nos sociétés captent les ressources.
Architectures, villes et infrastructures dépendent de ces apports de matière et d’énergie, dont la captation suppose cependant l’existence en surface de « zones de sacrifice » qui mériteraient d’être considérées dans le même mouvement que les développements qu’elles permettent, ce qui arrive rarement.
En Belgique, l’extraction intensive des charbons de terre pendant un siècle et-demi dans les bassins miniers a laissé des territoires appauvris, qui peinent encore à se relever près d’un demi-siècle après la fermeture des charbonnages. Et pourtant, ces territoires, comme l’ensemble du Nord global, continuent de bénéficier des pratiques coloniales qui ont structuré et qui continuent de structurer les échanges mondiaux : ceux-ci permettent de drainer les ressources d’autres hectares fantômes et d’autres zones de sacrifice, plus éloignées des lieux où ces ressources sont consommées et transformées.
Ce numéro nous entraîne, en partant des villes et des architectures du Nord global, jusqu’aux périphéries de l’espace métropolitain planétaire, les territoires de l’extraction, où celles et ceux qui vivent tentent de négocier leurs conditions d’existence avec les violences qu’exercent sur eux ces activités dont ils ne profitent qu’à la marge.